
Ce n’est pas la météo qui abîme le plus une cuisine extérieure en bois, ce sont les petites erreurs d’entretien qui s’accumulent année après année. Ce blog passe en revue les cinq erreurs les plus fréquentes, pour que vous puissiez les éviter.
1. Couvrir le bois avec du plastique sans le laisser sécher
L’erreur la plus fréquente, et aussi la plus dommageable. Une bâche en plastique semble logique : elle protège de la pluie. Mais si le bois est ne serait-ce qu’un peu humide au moment où vous le couvrez, vous enfermez cette humidité. Le plastique ne respire pas, si bien que l’espace sous la bâche devient un terrain propice aux moisissures et à la pourriture.
Après une averse ou un nettoyage, laissez toujours la cuisine extérieure sécher complètement avant de la couvrir. Utilisez en outre une housse respirante en polyester ou en toile, qui laisse s’échapper l’humidité tout en protégeant de la pluie.
2. Traiter le bois avec du vernis ou du polyuréthane
Cela semble être une bonne protection : une couche dure et brillante qui repousse l’eau. Dans la pratique, c’est contre-productif. Le vernis et le polyuréthane présentent plusieurs gros inconvénients sur le bois d’extérieur :
- L’humidité pénètre malgré tout par les bois de bout, les petites fentes ou les dégâts dans le vernis, et ne peut plus s’échapper. C’est précisément ainsi que la pourriture se forme de l’intérieur.
- Après une ou deux saisons, le vernis commence à s’écailler, ce qui vous oblige à le poncer et à le réappliquer encore et encore.
- Chaque entretien use davantage le bois au lieu de le protéger.
Le bon choix est une huile pénétrante à base de matières premières végétales, comme l’huile de lin ou l’huile de tung. Elle pénètre profondément dans la structure du bois, le nourrit de l’intérieur et le laisse respirer.
3. Nettoyer avec des produits agressifs
Eau de Javel, dégraissant à base d’ammoniaque, chlore : ils agissent vite et semblent efficaces. Mais ils détruisent la structure cellulaire du douglas, éliminent les huiles naturelles et rendent le bois plus poreux, donc plus sensible à l’humidité et aux rayons UV. Avec le temps, cela se traduit par un grisaillement, des microfissures et une surface rugueuse et terne.
De l’eau chaude avec du savon noir suffit toujours pour l’entretien courant. Pour les taches tenaces, une pâte de bicarbonate de soude et d’eau fonctionne bien. Pour les dépôts verts ou les moisissures, utilisez une solution d’eau et de vinaigre blanc à parts égales, efficace sans abîmer le bois.
| Problème | À ne pas utiliser | À utiliser |
|---|---|---|
| Graisse et saleté | Dégraissant à base d’ammoniaque | Eau chaude avec du savon noir |
| Taches tenaces | Eau de Javel ou chlore | Pâte de bicarbonate de soude et d’eau |
| Dépôts verts et moisissures | Produits de nettoyage chlorés | Eau et vinaigre blanc à parts égales |
4. Ne pas traiter les bois de bout
Les bois de bout, c’est-à-dire les extrémités sciées d’une planche, sont le point le plus faible de tout meuble d’extérieur en bois. Le bois absorbe jusqu’à dix fois plus d’humidité par le bois de bout que par le côté. Pourtant, ce sont eux que l’on oublie le plus souvent lors de l’huilage d’une cuisine extérieure, tout simplement parce qu’ils sont moins visibles.
À chaque entretien, traitez explicitement les bois de bout avec de l’huile supplémentaire. Laissez l’huile y pénétrer plus longtemps que sur le reste du bois, en appliquant de préférence deux couches. Cela vaut aussi pour les endroits où la cuisine repose sur des roulettes ou entre en contact avec le sol.
5. N’entretenir qu’en été
Celui qui ne s’occupe de sa cuisine extérieure que pendant la saison du jardin passe à côté des deux moments les plus importants : le début et la fin de la saison. C’est justement lors du passage de l’hiver au printemps, après des mois de froid, d’humidité et de variations de température, que les dégâts deviennent visibles et doivent être traités avant le début de la saison.
Et la fin de la saison est tout aussi critique. Un bois qui entre dans l’hiver sale, humide ou non traité a des mois pour moisir ou se décolorer. Un nettoyage en profondeur, une couche d’huile et une housse bien respirante avant les premières gelées évitent plus de dégâts que tous les entretiens estivaux réunis.
Comment reconnaître un vieillissement prématuré ?
Le grisaillement du bois est généralement le premier signal : il indique l’effet des rayons UV combiné à un manque d’huile. Poncer et huiler à nouveau est alors l’approche indiquée. Des dépôts verts signalent de l’humidité et une mauvaise circulation de l’air autour de la cuisine ; traitez-les avec une solution de vinaigre et améliorez la ventilation lorsque c’est possible. Une finition qui s’écaille trahit l’utilisation de vernis ou de polyuréthane : poncez-la et passez à une huile pénétrante.
Les microfissures dans le bois sont dues au dessèchement, souvent causé par des produits de nettoyage agressifs ou un entretien insuffisant. Une attention particulière aux bois de bout lors de l’huilage résout ce problème. Enfin, un bois mou ou spongieux est le signal le plus grave : il indique une pourriture due à l’humidité emprisonnée. Retirez les parties atteintes, traitez le reste et veillez à une bonne protection.